Au Québec :
Le Programme de surveillance de l'infection par le VIH est entré en vigueur le 18 avril 2002. Dès lors, tous les tests positifs de dépistage de l'infection par le VIH font obligatoirement l'objet d'une collecte de renseignements épidémiologiques auprès du médecin qui a demandé le test, qu'il s'agisse d'un nouveau diagnostic ou de la confirmation d'un diagnostic antérieur
Ancien diagnostic : Les cas déclarés comme ancien diagnostic sont ceux dont le résultat du dernier test a été confirmé positif et qui, selon les renseignements fournis par le médecin ayant prescrit le test, avaient eu par le passé un test de dépistage de l'infection positif.
Nouveau diagnostic : Les cas déclarés comme nouveau diagnostic sont ceux dont le résultat du dernier test a été confirmé positif et qui, selon les renseignements fournis par le médecin ayant prescrit le test, n'avaient auparavant jamais subi de test de dépistage de l'infection, ou ceux dont l'avant-dernier test de dépistage de l'infection s'était révélé négatif. Un nouveau diagnostic n'implique pas nécessairement que l'infection est récente.
Depuis le début des activités de surveillance, 3 158 cas ont été répertoriés, soit 1 545 anciens diagnostics et 1 611 nouveaux. Tous ces cas représentent autant de personnes différentes dont le test VIH s'est avéré positif et chez qui la collecte de données a été complétée. Le système de surveillance ayant débuté en avril 2002, l'analyse de tendance n'est véritablement pertinente qu'à compter de l'année 2003. Le nombre annuel d'anciens diagnostics déclarés a diminué de 34 % entre 2003 et 2005; puisque l'infection par le VIH est chronique et qu'un seul test de confirmation suffit à établir le diagnostic, on doit donc s'attendre à ce que le nombre des anciens cas diagnostiqués diminue dans le temps. Quant au nombre de cas nouvellement diagnostiqués, s'il accuse une légère augmentation (7 %) entre 2004 et 2005, on ne peut cependant parler d'une tendance à la hausse.
Le nombre de nouveaux diagnostics déclarés pour 2003, 2004 et 2005 s'élève à 473, à 402 et à 429.
Les individus de sexe masculin représentent plus des trois quarts (77 %) de l'ensemble des cas diagnostiqués et 80 % des nouveaux diagnostics. La répartition selon le sexe est sensiblement la même chaque année. L'âge moyen de l'ensemble des cas diagnostiqués s'établit à 40,5 ans (41,4 ans pour les hommes et 37,6 ans pour les femmes), et à 39,7 ans pour les nouveaux diagnostics. Tant chez les anciens que chez les nouveaux cas diagnostiqués, le groupe des 25-49 ans représente environ 76 %. Chez les 15-24 ans, le nombre de nouveaux diagnostics a légèrement diminué en 2005 par rapport à 2004, autant chez les hommes que chez les femmes. Les deux tiers (67 %) de l'ensemble des cas viennent de la région de Montréal, 9 % de la Capitale Nationale et 7 % de la Montérégie. Les régions de la Mauricie et du Centre du Québec, de l'Outaouais, de Laval, de Lanaudière et des Laurentides ont déclaré chacune entre 2 % et 3 % des cas. Les mêmes proportions sont constatées pour les nouveaux diagnostics, et la situation reste stable entre 2003 et 2005.
Catégorie principale d'exposition : Hommes et femmes regroupés
Les HARSAH représentent la catégorie d'exposition la plus importante, avec 44 % de l'ensemble des cas et 51 % des nouveaux diagnostics. En 2005, 241 HARSAH ont été nouvellement diagnostiqués, contre 200 en 2004, ce qui correspond à une hausse de 21 %.
La deuxième catégorie en importance est celle des UDI, avec 20 % de l'ensemble des cas et 14 % des nouveaux diagnostics. En 2005, 41 UDI ont été nouvellement diagnostiqués, contre 44 en 2004 et 76 en 2003 (diminution globale de 24 % entre 2003 et 2005).
Les personnes originaires d'un pays endémique représentent 16 % de l'ensemble des cas et aussi 16 % des nouveaux diagnostics. Cette proportion est plutôt constante depuis le début de la surveillance. En 2005, 64 personnes originaires d'un pays endémique ont été nouvellement diagnostiquées.Plus de la moitié (57 %) de l'ensemble des personnes originaires d'un pays endémique chez qui on a diagnostiqué une infection au VIH sont des femmes.Les contacts hétérosexuels à risque et les contacts hétérosexuels sans aucun risque identifié représentent respectivement 5 % et 8 % de l'ensemble des cas (5 % et 9 % des nouveaux diagnostics). Ces proportions varient peu d'une année à l'autre.
La part relative des sujets à la fois HARSAH et UDI, elle aussi stable, s'élève à 4 % de l'ensemble des cas et à 3 % des nouveaux diagnostics.
Les cas de transmission mère-enfant comptent pour 0,9 % de l'ensemble des cas (1,1 % des nouveaux diagnostics. En fait, 17 cas de transmission mère-enfant ont été nouvellement diagnostiqués ]entre 2002 et 2005 7 cas au cours de la seule année 2005. Ces sujets sont tous d'une origine ethnoculturelle autre que canadienne. L'Afrique subsaharienne arrive en tête avec 10 cas, suivie d'Haïti avec 5 cas.
Enfin, l'importance relative des catégories " Receveur de produits sanguins " et " Receveur de facteurs de coagulation " est très faible, chacune comptant pour moins de 0,5 % de l'ensemble des cas (et également pour moins de 0,5 % des nouveaux diagnostics). En 2005, aucun cas n'a été associé à l'administration de produits sanguins, ni à des facteurs de coagulation.
Femmes seulement
La principale catégorie chez les femmes est celle des sujets originaires d'un pays endémique (44 %), suivie par les UDI (26 %), les contacts hétérosexuels sans aucun risque identifié (14 %) et les contacts hétérosexuels à risque (12 %). En 2005, 37 femmes originaires d'un pays endémique ont été nouvellement diagnostiquées, contre 49 en 2003; 13 femmes UDI ont été nouvellement diagnostiquées, contre 16 en 2004 et 23 en 2003, alors que respectivement 16 et 15 femmes avec contact hétérosexuel sans aucun risque identifié et avec contact hétérosexuel à risque ont été nouvellement diagnostiquées, contre 12 et 8 en 2003.